Le changement, c’est déjà fini !

Depuis des semaines, des mois, des années, François Hollande critiquait toutes les décisions économiques prises par Nicolas Sarkozy : le gouvernement précédent était trop rigoureux, il taxait trop, supprimait les postes de fonctionnaires, pire il faisait des cadeaux aux plus riches. Pourtant les responsables socialistes étaient bien conscients de la situation des comptes de notre pays et savaient bien que les décisions prises allaient dans le bon sens : celle d’une réduction du déficit public. Retour sur les derniers mois : des promesses du candidat Hollande aux premières mesures du gouvernement Ayrault.

Il y eut d’abord la campagne électorale de François Hollande : toute promesse de nouvelle taxation était proscrite, toute explication sur d’éventuelles baisses de dépenses était esquivée, tout poste de fonctionnaire créé était compensé par une suppression – bien que nous n’ayons jamais su dans quelle administration. On préférait communiquer sur de nouveaux cadeaux dont nous n’avions pas les moyens : la hausse de l’allocation rentrée scolaire, le coup de pouce au SMIC, le retour de la retraite à 60 ans. Le changement, c’était maintenant !

Floués par ces promesses, ces brèves explications et ces non-dits, les Français préférèrent le 6 mai un semblant d’optimisme porté par ces promesses intenables plutôt que la poursuite d’une politique qui devait redonner compétitivité à nos entreprises, pouvoir d’achat à nos salariés et croissance à notre pays.

Mais voilà, la période électorale a pris fin le 17 juin avec le deuxième tour des élections législatives : les socialistes ont maintenant tous les pouvoirs et ils doivent préparer le budget de l’année prochaine. Le temps des promesses est révolu car le temps presse : il faut trouver de nouvelles recettes pour compenser la hausse des dépenses estimée à 20 milliards d’euros pour le seul premier mois de mandat.

Passé le temps des promesses, voilà venu le temps des vérités :

  • Alors que les membres du gouvernement Ayrault ont accusé pendant 5 ans notre majorité de brader les services publics et de mener une politique anti-collectivités, voilà qu’ils annoncent le gel des dépenses des ministères et des dotations aux collectivités et la suppression de poste de fonctionnaires.
  • Alors que la gauche était au premier rang des manifestations syndicales pour défendre les salariés du secteur public, voilà que le gouvernement Ayrault devra se résoudre à ne pas revaloriser le point d’indice des fonctionnaires.
  • Alors que le candidat Hollande avait expliqué que les nouveaux impôts ne toucheront que les plus fortunés, voilà que nous apprenons la disparition prochaine des exonérations de charges pour les salariés de la classe moyenne faisant des heures supplémentaires. Est-ce les plus fortunés qui font des heures supplémentaires ?
  • Alors que les membres du gouvernement, pendant la campagne législatives, avaient fait croire à une augmentation du SMIC sans précédent, voilà que le Président de la République annonce un coup de pouce de 0,6%, soit une augmentation de moins de 20 euros brut par mois. De surcroît, cette augmentation ridicule aura pour conséquence une baisse du recrutement des jeunes souvent payés au salaire minimun.

Les socialistes ont donc fait preuve de tactique et de stratégie pour être élus. Ils sont aujourd’hui devant leurs responsabilités et ne peuvent tenir leurs engagements. Le plus grave est que le programme avec lequel ils ont été élus était innaplicable en l’état des finances publiques. Nous le constatons ce matin, et nous constaterons tout au long de leur mandat. Vous pouvez compter sur moi pour rappeler la majorité parlementaire à ces 60 engagements de campagne.

Marie-Hélène Thoraval

Ancien Député

 

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